Arve Industries
Du décolletage à la mécatronique

La mécatronique est aujourd’hui un des facteurs de développement au centre des nouvelles technologies dans l’automobile. Mais pas seulement ! Il est important que les sous-traitants de Haute-Savoie s’y intéressent afin de proposer de nouvelles solutions à haute valeur ajoutée.

Marier la mécanique et l’électronique ? L’aéronautique et l’automobile font de la « mécatronique » depuis plus de 20 ans. Elle descend aujourd’hui dans la chaîne des sous-traitants. Comment, lorsque l’on est une PME, s’approprier le concept qui s’enrichit et propose d’inclure l’automatique, la thermique, les matériaux et surtout l’informatique. L’intégration de ces technologies remet en cause les méthodes de conception, de fabrication et de maintenance des produits. Il s’agit d’une démarche, d’une attitude d’esprit qui peut décupler la capacité d’innover. C’est aussi une opportunité pour tester en PME un premier projet d’intégration multi-technologies.

Le programme Mécatronique est la preuve formelle que la Haute-Savoie est maintenant perçue au niveau européen comme le centre de référence des compétences mécatroniques adaptées à tous les secteurs industriels. André Montaud - Thésame

Le projet Rosam a pour objectif de donner accès à des entreprises de Haute-Savoie aux technologies du CEA LETI, du CSEM et d’autres centres de ressources. Avec l’idée que les entreprises puissent « attaquer » ces très grandes entités par le biais d’un relais d’experts qui se chargeront de rechercher les techniques nécessaires et de les adapter aux besoins de l’industrie. C4I (Centre de Compétences en Conception de Circuits Intégrés) est l’acteur central de Rosam.

Un saut dans un autre monde

Pascal Bultel, directeur - Digilac

« En tant que BE spécialisé en mécatronique, je travaille avec des entreprises qui possèdent un très grand savoir-faire dans le process, la mécanique ou l’automatisme, mais la mécatronique fait appel à des disciplines qu’elles ne connaissent pas. Le premier frein pour les PME, c’est ce choc des cultures, ce saut dans un autre monde. Le second, c’est le coût. Passer en mécatronique, c’est faire appel à des services d’ingénierie et travailler en cluster avec des partenaires très pointus pour faire progresser la valeur ajoutée des produits. C’est un chemin d’excellence, une voie qui se mérite… et qui mérite quelques investissements… »

Le projet CAPTAUCOM (Systèmes Capteurs Communicants Autonomes) s’intéresse aux capteurs qui reçoivent de l’énergie de leur environnement (vibrations, température…), traitent cette information localement et peuvent transmettre vers l’extérieur d’autres informations pertinentes. Porté par de grandes entreprises, il se propose de développer les aspects faible consommation en énergie, autonomie, communication RF basse consommation, dans l’optique de dégager une avance concurrentielle notable.

Le projet européen EUMECHA PRO doit donner aux entreprises les meilleures méthodes pour intégrer la mécatronique dans les outils de production.

Plus globalement, André Montaud (Thésame) rappelle que le projet autour de la mécatronique est ambitieux et comprend plusieurs niveaux d’entrée. « Nous aurons à la fois des formations d’initiation de 2 à 3 jours, des formations plus thématiques de l’ordre de la semaine, des actions collectives de 6 à 12 mois et des projets inter-entreprises sur le développement de produits. Parallèlement, nous sommes en train de monter une formation continue en mécatronique avec l’Université de Savoie.

Le pôle de compétitivité est le point de départ d’une dynamique régionale qui mènera certaines PME du décolletage à la mécatronique. Wilfrid Le Naour - Somfy

Le projet Mécatronique pour les engins mobiles est un exemple de recherche appliquée. Il s’agit d’agréger mécanique, électronique et intelligence artificielle dans des projets concrets au service de la conception de nouveaux composants et équipements mécaniciens. L’objectif est d’accompagner des entreprises qui ont déjà une sensibilité à la mécatronique.

La mécatronique pour anticiper les demandes des clients

Denis Linglin, directeur - C4I

« Entrer dans le monde de la mécatronique nécessite des compétences techniques multiples. L’introduction d’innovations dans les produits demande que soit intégrée une électronique adaptée aux systèmes mécaniques. Plusieurs types d’interventions personnalisées (choix de capteur, technologie, conseil, industrialisation…) sont généralement nécessaires pour accompagner les entreprises vers un produit satisfaisant la demande du client. Et lorsque des compétences pointues sont nécessaires, il faut pouvoir s’appuyer sur le réseau Thésame, les universités et les laboratoires de recherche (CNRS, LETI, CSEM…). C4I a été créé pour faire le pont entre ces entités et aider les entreprises en quête de valeur ajoutée. »

La mécatronique pour mutualiser nos ressources

René Nantua, Responsable - SNR Mechatronics

« La mécatronique a modifié la trajectoire de SNR, modifié notre offre produit et la perception que le marché (clients et concurrents) avait de nous. Nous sommes passés du statut d’entreprise purement mécanique à celui d’entreprise innovante avec une offre produit qui nous démarque de la concurrence. Le centre de ressources mécatroniques du pôle de compétitivité est une opportunité exceptionnelle de mettre à la même table des PME et des donneurs d’ordre pour mutualiser nos ressources. Il en va de l’intérêt du territoire et de l’avenir de certaines PME, que les locomotives type SNR, Somfy ou Tefal, contribuent à emmener le tissu industriel vers de plus en plus d’activités mécatroniques. »

Faire migrer des PME vers des applications micro-systèmes

Hind beaujon, chargée des projets - Micro-systèmes Alcatel-Adixen

« Le tissu économique de la Haute-Savoie est, entre autre, basé sur la micro-mécanique pour laquelle les micro-systèmes constituent un réservoir d’innovation majeur. Alcatel et Suss Microtec ont un rôle moteur au sein du projet Summit. Celui-ci propose la création d’une plateforme de développement et d’application en micro-systèmes pour les PME locales qui ne disposent pas des compétences nécessaires pour cette intégration. A terme, Alcatel a des projets de déploiement industriel au sein du Pôle avec des perspectives de 250 emplois directs (dans les 5 ans) et 1500 emplois indirects au travers de la sous-traitance. »

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